Être en alerte permanente
En entendant des pas,
Avoir peur tout le temps
En étant chez soi.
Dès qu’il franchit
La porte d’entrée,
Me faire tout petit,
Devenir pâle et me cacher.
Devoir endurer ses colères,
Les punitions et les coups,
Parfois pour des nuits entières,
Avoir mal de bout en bout.
Essayer de ne pas pleurer
Quand le mal me torture,
Essayer de m’effacer
Et me fondre avec le mur.
Vouloir se jeter par la fenêtre
À chaque heure de la nuit,
Terminer enfin d’être,
Enfouie dans un puits.
Et quand vient une opportunité
De pouvoir m’évader,
Avoir peur de m’en aller
Pour ne pas blesser des êtres aimés.
Me dire que c’est de ma faute,
Que tout ce qui m’arrive, je l’ai cherché ;
Je me suis sans doute mal comporté,
Je devrais faire un effort et rester.
Mais malgré les promesses,
Cela recommence plus fort.
Je m’enfonce dans la détresse
Et m’attribue tous les torts.
Une deuxième opportunité se présenta
Même avec hésitation, je la pris dans mes bras.
Sentant enfin une brise de liberté,
Je vais pouvoir penser, respirer et cicatriser.